Photographe

France-Paris

Bernard Ciancia

Mais où sont donc passés les ouvriers ? Dans un monde délocalisé, mondialisé, désindustrialisé, dans une société qui tend à glorifier nouvelles technologies et activités de services, on aurait presque oublié que chaque jour (et souvent dès potron-minet), des millions de personnes œuvrent en bleu de travail, outil en main et casque vissé sur la tête. Ce sont ces gueules (de l’emploi), tantôt souriantes, tantôt tendues, parfois goguenardes, que le photographe grenoblois Bernard Ciancia est allé croquer au fil de quatre années de rencontres dans plusieurs

entreprises de l’Isère. Comme un hommage rendu à ces femmes et ces hommes de l’ombre qui, les doigts dans le cambouis, font tourner une grande partie de notre économie. Le résultat ? Une galerie de portraits forte et poignante qui dit les conditions de travail, l’environnement et l’humain avec beaucoup de tendresse et la maestria de l’artiste. Car ainsi photographiés, ceux-là sont indubitablement des stars. Mais des stars de notre vie quotidienne... Ce magnifique travail sur la mémoire ouvrière inaugure une nouvelle série d’expositions que le Musée dauphinois consacrera dorénavant à la photographie iséroise et qui alternera créateurs contemporains et fonds d’images patrimoniaux. Pour l’occasion, le cloître du couvent de Sainte-Marie d’en-Haut trouvera une nouvelle destination avec de grands tirages sur métal accrochés en plein air, accompagnés de la publication d’un catalogue de belle facture. Ils ont de la gueule, les ouvriers de Bernard Ciancia